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République tchèque

La République tchèque doit s’employer activement à soutenir les entreprises et l’emploi pour renforcer la reprise à la sortie de la pandémie

 

04/12/2020 - Après des années de croissance solide qui ont permis la progression des revenus et des niveaux de vie, l’économie tchèque a été durement frappée par la crise liée au COVID-19, et la reprise ne pourra qu’être lente. Une fois que le soutien aux entreprises et aux travailleurs aura permis de rétablir la stabilité, la priorité devra être donnée à des mesures permettant de stimuler la croissance de l’investissement et de la productivité et de s’attaquer à d’autres enjeux à long terme : c’est ce qui ressort d'un nouveau rapport de l’OCDE.

Dans sa dernière Étude économique de la République tchèque, l’OCDE indique qu’avec la multiplication attendue des faillites et des destructions d’emplois, le gouvernement devrait se tenir prêt à poursuivre ses mesures de soutien jusqu'à ce que la reprise soit pleinement sur les rails, puis à prendre des mesures actives pour aider les personnes au chômage à retrouver un emploi. Les dispositifs de maintien dans l’emploi pourront alors être progressivement supprimés. Des mesures permettant d’accélérer les procédures de faillite, d'améliorer la reconversion des demandeurs d’emploi et de favoriser l’emploi des femmes contribueraient à rétablir la productivité et la croissance. Continuer à soutenir les entreprises et les emplois viables, tout en permettant le redéploiement nécessaire des ressources entre secteurs, va constituer un enjeu majeur.

« En République tchèque, la crise est venue interrompre une période de croissance économique vigoureuse doublée d’un mouvement impressionnant de convergence vers les niveaux de revenu moyens de l’OCDE. Après avoir réussi à maîtriser une première vague de pandémie, le pays est aujourd'hui aux prises avec les conséquences de la deuxième. L’incertitude est forte, et la croissance ne repartira que lentement », a déclaré le Secrétaire général de l’OCDE M. Angel Gurría en présentant l’Étude lors de son lancement virtuel en compagnie du Premier ministre M. Andrej Babiš. « Tout l’enjeu maintenant va consister à favoriser une reprise à la fois inclusive, durable et résiliente face à de futurs chocs. »

Selon l’Étude, on prévoit que le PIB de la République tchèque va chuter de 6.8 % en 2020, avant de se redresser pour s’établir à 1.5 % en 2021 et 3.3 % en 2022, restant toutefois inférieur à ses niveaux d'avant la crise pendant les deux prochaines années.

Avant la pandémie, l’économie tchèque était performante, et des politiques économiques saines conjuguées à l'ouverture à l'investissement direct étranger et aux chaînes de valeur mondiales avaient permis de relever la productivité, l’emploi et les salaires ainsi que les niveaux de vie. Depuis son adhésion à l’OCDE en 1995, la République tchèque a vu son PIB réel par habitant augmenter de près de 90 %. Grâce à un système de prélèvements et de transferts permettant une redistribution efficace, le pays affiche l’un des plus faibles taux de pauvreté, de chômage et d'inégalités de revenus de tous les pays de l’OCDE.

Pourtant, des facteurs susceptibles de peser sur la croissance et le bien-être existaient avant la pandémie. La productivité de la main-d'œuvre, bien qu’en cours de progression, est inférieure à la moyenne de l’OCDE. L’innovation des entreprises et l’investissement dans la recherche-développement sont faibles, et certaines lourdeurs dans l’environnement des entreprises freinent l’entrepreneuriat. L’économie, fortement tournée vers l’exportation, est aussi vulnérable à des chocs extérieurs.

Le faible niveau global des inégalités masque des disparités régionales marquées de revenus qui se sont creusées au fil du temps, parce que certaines régions subissent de manière disproportionnée des phénomènes comme la baisse démographique, le vieillissement ou le manque de compétences de la population, et une faible connectivité numérique. Le fait que les administrations infranationales tchèques soient très fragmentées, avec un nombre de municipalités par habitant supérieur à celui de tous les autres pays de l’OCDE, aggrave ce problème car il provoque des inefficiences dans les services des collectivités locales, pour lesquels les financements sont insuffisants.

Les travailleurs tchèques partent à la retraite plus tôt que la moyenne de l’OCDE, et le vieillissement rapide de la population finira par peser sur les taux d’emploi et la croissance tout en faisant augmenter les dépenses liées au vieillissement. Les recettes fiscales dépendent fortement des cotisations de la main-d'œuvre, ce qui ne favorise pas la création d’emplois, et les travailleurs indépendants bénéficient d'avantages fiscaux qui se traduisent par de faibles cotisations de sécurité sociale et des insuffisances potentielles au niveau des retraites. Par ailleurs, la générosité des prestations en espèces et le nombre limité de places en structures d'accueil n’encouragent pas les mères de jeunes enfants à reprendre un emploi.

Parmi les recommandations figurant dans l’Étude, on peut citer un meilleur ciblage du soutien à la R-D sur les jeunes entreprises, la réduction des coûts, formalités et délais de création d’entreprises et la promotion de l’investissement vert. Les auteurs de l’Étude suggèrent également d'élargir l’offre de services d'accueil de jeunes enfants et de relever progressivement l’âge de la retraite en l’alignant sur l’espérance de vie.

Sur le front de la fiscalité, il est recommandé de réduire les avantages fiscaux applicables aux travailleurs indépendants et de déplacer une partie de la charge fiscale sur l’immobilier, la consommation et les facteurs en lien avec l’environnement. Augmenter les taxes sur le carbone contribuerait à réduire la dépendance de l’économie vis-à-vis du charbon et des autres combustibles fossiles et d'améliorer en même temps la qualité de vie en aidant à abaisser les émissions de gaz à effet de serre et la pollution de l'air.

 

Pour de plus amples informations, les journalistes sont invités à contacter Catherine Bremer au Bureau des médias de l’OCDE (+33 1 45 24 80 97).

 

Coopérant avec plus d'une centaine de pays, l'OCDE est un forum stratégique international qui s'emploie à promouvoir des politiques conçues pour améliorer le bien-être économique et social des populations dans le monde entier.

 

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