Réunion G20 des ministres des finances et gouverneurs de banques centrales, 7 avril 2021

 

Allocution de M. Angel Gurría,

Secrétaire général de l’OCDE

Paris, 7 avril 2021

Mesdames et Messieurs les Ministres, Mesdames et Messieurs les Gouverneurs,

Un peu plus d’un an après le déclenchement de la pandémie de COVID-19, les problèmes qu’elle a soulevés continuent d'affecter largement nos économies et nos sociétés. Selon les dernières Perspectives économiques de l'OCDE publiées en mars, le PIB mondial devrait rebondir pour s’établir à 5.6 % en 2021, soit une révision à la hausse de plus d'un point et demi de pourcentage par rapport à notre projection de décembre, et ressortir à 4 % en 2022. Cependant, les perspectives à court terme restent incertaines et la reprise va dépendre en grande partie de deux facteurs : la rapidité et l’ampleur de l’effort de vaccination le plus énergique jamais engagé dans l’histoire de l'humanité, et la poursuite de l’effort budgétaire et monétaire devant permettre la mise en œuvre d'ambitieux plans de relance.

Permettez-moi de m’attacher à ce second aspect, la relance, et en particulier au rôle que les priorités internationales en matière fiscale peuvent jouer à cet égard.

En premier lieu, un accord visant à moderniser le système fiscal international est à notre portée dans les mois à venir. Nous avons désormais une occasion véritablement unique de mettre fin à la course au moins-disant fiscal avec l’adoption d'un seuil minimal d'imposition. Nous sommes également proches d'un accord concernant les défis fiscaux soulevés par la généralisation du numérique dans l’économie, avec de nouvelles règles relatives au lien permettant d'imposer des entreprises même dans le cas où elles ne sont pas physiquement présentes, et de nouvelles règles de répartition des bénéfices permettant une répartition plus équitable, entre les pays, de la rente que représentent les entreprises les plus prospères, y compris les entreprises du numérique. Cette réforme du système fiscal international permettrait de redistribuer 100 milliards USD entre les pays et les recettes fiscales s’en trouveraient augmentées du même montant au moins. Nous touchons presque au but. Nous avons la possibilité d’obtenir un résultat historique et d’envoyer un message puissant d’ici votre prochaine réunion, en juillet. Les montants en jeu viendraient s'ajouter aux 10 000 milliards d’euros déposés sur 84 millions de comptes bancaires dont les détails ont pu être échangés grâce à l’échange automatique de renseignements en matière fiscale promu par l’OCDE.

En second lieu, nous devons faire mieux en ce qui concerne la tarification des émissions de gaz à effet de serre. En effet, environ 60 % des émissions de carbone ne font l’objet d’aucune tarification, et seules environ 17 % des émissions ont un prix supérieur ou égal à 30 EUR par tonne de CO2. Parallèlement, les subventions en faveur des combustibles fossiles, estimées actuellement à quelque 200 milliards USD par an dans les pays de l’OCDE et du G20, continuent d’exercer des distorsions sur les prix. Comme il ressort de notre rapport préparé conjointement avec le FMI, une tarification du carbone constitue le moyen le plus économiquement rationnel et le plus efficace pour contribuer à faire baisser les émissions, et elle peut être mise en place en veillant à protéger les ménages et les entreprises vulnérables et générer des recettes considérables : même le prix le plus modéré pourrait rapporter l’équivalent de 1 % du PIB en recettes !

Je vous remercie d’engager ce dialogue si nécessaire, et d’envoyer un signal fort sur l’engagement du G20 à préserver et à protéger notre planète, qui constitue notre devoir le plus impérieux vis-à-vis des générations futures.

Cher amis,

C’est la dernière fois que je participe à une réunion des ministres des Finances et des gouverneurs de banques centrales du G20, après 15 années passées à la tête de l’OCDE. Permettez-moi d’exprimer toute mon admiration pour la capacité que nous avons eue, collectivement, de relever et de surmonter des défis de grande envergure au cours de ces 12 dernières années. De la crise financière à la crise provoquée par le COVID-19, le G20 a montré ce que l’action multilatérale peut faire pour nos concitoyens et pour nos économies. Ce fut un honneur pour l’OCDE, et pour moi, de vous apporter notre soutien, que ce soit en matière de fiscalité et de réforme structurelle ou que cela concerne les enjeux économiques et financiers les plus récents. Sachez que vous pourrez toujours compter sur le soutien de l’OCDE pour concevoir, élaborer et mettre en œuvre « des politiques meilleures pour une vie meilleure ».

Je vous remercie.

 

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