"Friends of Gender Equality Plus", 8 mars 2021

 

Allocution de M. Angel Gurría,

Secrétaire général de l’OCDE

Paris, 8 mars 2021

Très chers membres du Groupe Friends of Gender Equality Plus,

Je suis heureux d’être à vos côtés en cette Journée internationale des droits des femmes, qui nous donne l’occasion de réaffirmer notre engagement en faveur de l’égalité femmes-hommes.

Trois ans seulement après sa création, ce groupe est parvenu à s’imposer comme un moteur de la prise en considération de la dimension femmes-hommes dans les efforts engagés pour sortir de la crise du COVID-19. Et c’est à nos Ambassadeurs, et plus précisément aux co-présidents de ce groupe, à savoir Mme l’Ambassadrice Brandt, Mme l’Ambassadrice Chenette et Juan Yermo, que nous le devons.

Un an après le début de la pandémie, les femmes continuent de supporter la plus grande part du fardeau associé au COVID-19. Il est donc capital d’œuvrer à une relance inclusive qui tient compte de ce déséquilibre. Nos économies doivent certes rebondir, mais nos sociétés doivent aussi aller de l’avant.

La crise a accentué les inégalités qui existaient déjà entre les sexes

À l’échelle mondiale, l’écart de rémunération entre femmes et hommes reste stable à 20 % environ. Dans la zone OCDE, la situation est quelque peu meilleure, puisque cet écart s’établit en moyenne à 13 %. La persistance d’inégalités de salaire entre hommes et femmes tient au fait que le principe d’égalité de rémunération n’est pas inscrit dans les législations nationales. À travers le monde, 31 pays n’ont pas encore adopté de lois imposant une rémunération égale à travail égal.

Par ailleurs, les femmes restent sous-représentées dans les instances dirigeantes. Dans le secteur privé, elles n’occupent que 5 % des postes de PDG et un quart seulement des sièges au sein des conseils d’administration dans les pays de l’OCDE. En outre, elles n’occupent encore qu’un tiers seulement des postes de direction au sein des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire.

La pandémie a mis en lumière et exacerbé ces inégalités : ainsi, les femmes sont surreprésentées dans les secteurs de la santé et des services sociaux, très durement touchés par la crise du COVID-19. Or dans ces secteurs, l’écart salarial entre hommes et femmes est encore plus marqué, puisqu’il peut atteindre jusqu’à 29 %. Compte tenu du travail essentiel qu’elles accomplissent, les applaudissements et les expressions publiques de soutien ne sont pas suffisants.

Le temps est venu de corriger ces inégalités : quelques exemples de mesures encourageantes

Ces dernières années, de nombreux pays ont engagé d’importantes réformes pour lutter contre les inégalités entre les sexes. Par exemple, pour remédier au manque de représentation des femmes aux postes de direction dans le secteur public, des mesures de discrimination positive ont été prises, comme la mise en place de quotas et de principes de parité, l'instauration d’incitations et d’obligations de transparence et de communication d’informations, la définition d'objectifs et le passage en revue des procédures de nomination et d’embauche. Citons à ce titre l’exemple de la réforme constitutionnelle phare du Mexique, qui impose aux partis politiques de proposer des candidatures paritaires depuis 2014, un objectif qui a été atteint en 2018.

Les pays prennent aussi des mesures pour renforcer la diversité au sein des conseils d’administration et des organes supérieurs de direction. Près de la moitié des juridictions couvertes par les Principes de gouvernance d’entreprise du G20 et de l’OCDE ont instauré l’obligation de communiquer la composition femmes-hommes des conseils d’administration.

Le combat de l’OCDE contre les inégalités femmes-hommes

L’OCDE se félicite de ces réformes et insiste sur la nécessité de les poursuivre pendant la reprise. De notre côté, nous aidons les pays à lutter contre ces inégalités de différentes manières. Pour contribuer à résorber les inégalités de salaire entre hommes et femmes, nous soutenons la Coalition internationale pour l’égalité salariale (EPIC). Les mesures fondées sur la transparence en matière de rémunération constituent des outils simples et efficaces pour réduire l’écart salarial entre les hommes et les femmes. Sur cette question, j’attends avec intérêt la présentation de Mme la Ministre Moreno et de Mme l’Ambassadeur Penicaud sur l’Index de l’égalité femmes-hommes mis en place en France.

Et aujourd’hui, nous lançons la publication Man Enough? Measuring Masculine Norms to Promote Women’s Empowerment, qui met en évidence une corrélation négative entre les normes relatives au masculin et au féminin (l’homme comme soutien de famille et la femme en charge des enfants par exemple) et le taux d’activité des femmes par rapport à celui des hommes. Nous devons redoubler d’efforts pour faire évoluer ces normes, de sorte qu’elles aboutissent à des résultats positifs propres à autonomiser encore davantage les femmes. Nous avons à notre disposition une vaste panoplie de mesures pour faciliter un tel changement, y compris la promotion d’un meilleur équilibre vie professionnelle-vie privée afin de reconnaître, de réduire et de redistribuer le travail familial et domestique non rémunéré.

Chers amis,

Les pays doivent, dès aujourd’hui, prendre les mesures nécessaires pour veiller à ce que les plans de relance tiennent compte de la problématique femmes-hommes et mettent un terme aux inégalités persistantes entre les sexes dans les pays de l’OCDE. Nous avons bon espoir que les discussions tenues aujourd’hui apporteront des éclairages utiles sur l’état d’avancement de nos efforts communs pour concevoir, élaborer et mettre en œuvre de meilleures politiques en faveur de l’égalité femmes-hommes, au service d’une vie meilleure.

Enfin et surtout, j’aimerais vous adresser à tous mes remerciements, et plus particulièrement au gouvernement du Japon, pour le soutien apporté aux travaux menés par l’OCDE sur la prise en compte systématique de la problématique femmes-hommes.

Je vous remercie.

 

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