La République tchèque et l’OCDE : « 25 ans pour un avenir meilleur »

 

Allocution de M. Angel Gurría, ecrétaire général de l’OCDE

Paris, France, 8 décembre 2020

Monsieur le Premier ministre Babiš, Monsieur le Ministre Petříček, Monsieur l’Ambassadeur, vos Excellences,

Je suis ravi de célébrer avec vous le 25e anniversaire de l'adhésion de la République tchèque à l’OCDE.

La République tchèque a réalisé des progrès spectaculaires puisqu’elle est devenue un membre important de l’OCDE ainsi qu’un modèle à suivre pour de nombreux pays de sa région.

En 1995, son PIB par habitant à PPA était inférieur de 30 % à la moyenne OCDE. Les réformes et politiques qu’elle a mises en œuvre depuis lors ont enclenché un formidable processus de convergence. Aujourd'hui, son PIB réel par habitant dépasse de près de 90 % le niveau de 1995 et l’écart avec la moyenne OCDE a été ramené à moins de 10 %. C’est remarquable.

La situation géographique du pays et son ouverture à l'investissement direct étranger, renforcée par son adhésion à l'UE et au marché unique, ont favorisé son intégration dans les chaînes de valeur mondiales. Conjugués à des politiques économiques saines, ces facteurs ont contribué à faire progresser la productivité, les salaires et la qualité de vie.

La République tchèque affiche un bilan impressionnant, qui se caractérise notamment, ces dernières années, par l’un des plus faibles taux de chômage de l’OCDE. Malgré la crise du COVID-19, ce taux est resté sous la barre des 3 % au premier trimestre 2020.

La République tchèque a également réussi à conserver un niveau d'inégalités et un taux de pauvreté qui figurent parmi les plus bas de la zone OCDE, grâce à un taux d'emploi élevé et à un système global de redistribution fondé sur les impôts et les transferts.

L’OCDE est fière d'avoir contribué à ces progrès, en apportant à la République tchèque des analyses et recommandations fondées sur des données probantes et des examens par les pairs. Ce travail d’équipe s’est révélé efficace.

Nous avons travaillé ensemble pour aider la République tchèque à mener à bien son action dans les domaines de l’économie, de l’environnement, du logement, de l’accessibilité, des retraites et du vieillissement, entre autres exemples.

Depuis toutes ces années, nous tirons profit des précieuses contributions que les délégués tchèques apportent aux débats dans des domaines très divers, comme la fiscalité, l’environnement ou l'énergie. Pas plus tard que la semaine dernière, nous avons présenté l’édition 2020 de l’Étude économique de la République tchèque et publié l’édition 2020 de son Examen des pensions.

Nous devons continuer d’agir ensemble si nous voulons obtenir une croissance plus verte et plus pérenne qui bénéficie à tous.

L’impressionnant bilan de la République tchèque ne doit pas être tenu pour acquis, compte tenu en particulier de l’incertitude engendrée par la pandémie. Nos dernières projections annoncent un recul du PIB de 6.8 % en 2020 ainsi qu’une poursuite de la hausse des défaillances d’entreprises et du chômage pour l’année prochaine, avant que l’économie ne s’engage sur une trajectoire de croissance plus durable.

Les judicieuses politiques mises en œuvre par le passé ont permis à la République tchèque de disposer d'une grande marge de manœuvre au commencement de la crise. Pour préserver l’emploi, les revenus et la liquidité, les autorités ont déployé un dispositif audacieux de soutien monétaire et budgétaire, lequel a depuis lors été étoffé devant l'ampleur accrue de la deuxième vague de la pandémie.

La crise du COVID-19 a mis au jour l’importance de relever les défis de long terme pour rendre la croissance durable et garantir à tous des perspectives d'avenir plus solides.

J’en citerai trois, qui revêtent une importance particulière :

Premièrement, il faut remédier à la faible croissance de la productivité du travail, qui déçoit depuis la crise financière mondiale. D'autant que les investissements de nature à améliorer la productivité pâtiront du récent repli de l’activité économique. Mieux ciblées, les politiques de soutien à la R-D pourraient inciter les entreprises à investir dans la R-D, en particulier celles qui sont jeunes et dynamiques.

Deuxièmement, il faut continuer de lutter contre les importants écarts de revenus et de pauvreté qui sont observés à l’échelle régionale. Ces écarts se sont creusés au fil du temps. Si la mondialisation et l’évolution technologique ont permis à plusieurs millions de personnes de sortir de la pauvreté et à des économies dynamiques et ouvertes, comme la République tchèque, de prospérer, il y a eu aussi de très nombreux laissés-pour-compte. Cette situation a provoqué une résurgence du populisme, du nationalisme et du protectionnisme qui compromet aujourd’hui les perspectives de croissance et nuit démesurément aux ménages à bas revenus.

Troisièmement, il faut tirer parti de la reprise économique pour réduire la dépendance au carbone de l'économie tchèque.

Mesdames, Messieurs,

La République tchèque est un membre exemplaire de l’OCDE, un membre que l’Organisation s’enorgueillit d'accompagner sur une voie prometteuse de développement.

Ayez l’assurance que, tandis que vous irez de l’avant et continuerez de défendre la coopération internationale et le multilatéralisme, l’OCDE restera à vos côtés et vous soutiendra dans la mise en œuvre de vos réformes, en renforçant ainsi notre collaboration et amitié.

Merci.

 

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