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Il est urgent d’agir pour freiner la surpêche et réformer le soutien au secteur halieutique

 

10/10/2020 - Selon un nouveau rapport de l’OCDE, il est urgent d’agir pour freiner la surpêche, améliorer la gestion des pêches et réformer le soutien au secteur, faute de quoi on ne parviendra pas à assurer la conservation et l’utilisation durable de l’océan et de ses ressources comme le prévoyait un objectif clé des Nations Unies.

L’Examen de l’OCDE des pêcheries 2020 se fonde sur une mise à jour et une analyse de la base de données de l’OCDE sur l’estimation du soutien à la pêche (ESP), qui constitue l’ensemble de données à l’échelle nationale communiquées par les gouvernements le plus complet, détaillé et cohérent sur le soutien public à la pêche. D’après cette nouvelle édition, au moins un quart des stocks halieutiques mondiaux dont la situation est connue sont surpêchés et un tiers des pêches ne sont pas gérées comme il le faudrait, ce qui est incompatible avec l’Objectif de développement durable no 14 de l’ONU et la santé de nos écosystèmes.

Le problème est en partie dû aux politiques en vigueur : sur la période 2016‑18, les 39 pays étudiés dans l’Examen ont indiqué avoir soutenu le secteur à hauteur de 9.4 milliards USD, soit 10 % environ de la valeur des prises. Plus d’un tiers de ce soutien était destiné à minorer le coût du carburant, des navires et des engins, ce qui, souvent, encourage la surpêche.

« Les pouvoirs publics devraient cesser de subventionner les moyens de production de la pêche et réorienter le soutien pour qu’il aide les pêcheurs à exploiter leur affaire de façon plus efficace et plus durable », a indiqué Angel Gurría, Secrétaire général de l’OCDE. « Les pays ont une occasion, dans le cadre de l’OMC, de parvenir à un accord prévoyant la réduction des subventions à la pêche qui sont préjudiciables. Ils doivent la saisir, en vue de recentrer leurs efforts et leurs ressources, limitées, sur la protection et la durabilité de notre océan, de la biodiversité marine et de la subsistance des collectivités côtières. »

Ce rapport fait également le point sur la pêche illégale, non déclarée et non réglementée (INN), qui sape l’efficacité de la gestion des pêches et menace la durabilité des stocks. Des progrès notables ont été faits ces quinze dernières années dans la lutte contre ce phénomène, notamment dans la mise en œuvre de mesures du ressort de l’État du port, mais il reste du chemin à parcourir pour améliorer la transparence des procédures d’immatriculation et d’autorisation des navires, la rigueur de la réglementation des transbordements et l’utilisation de mesures commerciales propres à renforcer la traçabilité et à empêcher les opérateurs qui pratiquent la pêche INN d’accéder aux marchés et aux services.

Il est fondamental de gérer les stocks avec efficacité pour assurer la durabilité économique, sociale et environnementale du secteur. Mais l’action publique n’est pas toujours au rendez‑vous. Seuls les deux tiers environ des mécanismes de gestion limitent directement les captures et les débarquements déclarés, et seuls un tiers des pays et économies recourent à des totaux admissibles de capture (TAC) dans toutes les procédures de gestion qu’ils notifient.

Les modalités du soutien ont de l’importance. Tant que la pandémie de COVID-19 reste une source majeure de perturbations et d’incertitude pour le secteur des produits de la mer, les pouvoirs publics doivent continuer d’aider celui‑ci. Néanmoins, il ressort de l’Examen que le soutien est plus efficace et plus propice à la durabilité de la pêche lorsqu’il est limité dans le temps, ciblé, dispensé en espèces, et compatible avec les objectifs de durabilité à long terme.

Selon l’Examen, l’expérience montre que l’action publique peut améliorer la productivité, la durabilité et la résilience du secteur halieutique moyennant :

  • l’abandon des mesures en faveur des intrants et d’une capacité non durable au profit de celles qui aident les pêcheurs à mener leur activité avec plus d’efficacité et de façon durable et à accroître leurs revenus (passant par l’enseignement et la formation, par exemple), ou qui assurent un soutien direct au revenu sans encourager une pêche non viable ;
  • la suppression des failles règlementaires et l’adoption des meilleures pratiques internationalement reconnues pour lutter contre la pêche INN ;

  • des investissements assurant que les capacités de gestion, contrôle et surveillance soient suffisantes pour gérer les activités halieutiques de façon efficace et durable, notamment en haute mer, et mettre fin à la pêche illégale.

 

Lire le rapport Examen de l’OCDE des pêcheries 2020 en français : https://www.oecd-ilibrary.org/agriculture-and-food/examen-de-l-ocde-des-pecheries-2020_6d369b02-fr.

Pour en savoir plus sur les travaux de l’OCDE concernant la pêche et l’aquaculture : https://www.oecd.org/fr/agriculture/sujets/peche-et-aquaculture/.


Pour de plus amples renseignements, les journalistes sont invités à prendre contact avec Lawrence Speer, de la division Relations publiques et médias de l’OCDE (+33 1 45 24 97 00).

 

Coopérant avec plus d’une centaine de pays, l’OCDE est un forum stratégique international qui œuvre à promouvoir des politiques conçues pour améliorer le bien‑être économique et social des citoyens dans le monde entier.

 

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