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Italie

Des réformes de grande envergure sont nécessaires pour garantir la reprise économique en Italie

 

01/04/2019 - Pour rendre la croissance plus forte, plus inclusive et durable, améliorer les perspectives d'emploi et réduire la dette publique en Italie, les pouvoirs publics doivent mettre en œuvre un programme complet de réformes de grande envergure, tout en préservant les mesures importantes adoptées au cours des dernières années, selon un nouveau rapport de l'OCDE.

D'après la dernière Étude économique de l'Italie, le produit intérieur brut (PIB) du pays devrait diminuer de 0.2 % environ cette année, avant d'augmenter de 0.5 % en 2020. Le PIB par habitant se situe peu ou prou au même niveau qu'il y a 20 ans, et le taux de pauvreté demeure élevé, notamment parmi les jeunes. La faiblesse de la croissance de la productivité et l'ampleur des inégalités sociales et régionales constituent des problèmes de longue date, auxquels il faut s'attaquer vigoureusement. Le niveau de la dette publique demeure élevé, à 134 % du PIB, et constitue une source de risques.

Selon l'Étude, les Italiens se caractérisent de manière générale par un niveau élevé de bien-être dans des domaines tels que l'équilibre entre vie professionnelle et vie privée, les liens sociaux et l'état de santé, mais pas dans d'autres, comme la qualité de l'environnement ou l'éducation et les compétences.

Pour favoriser une croissance plus forte de l'emploi et de la productivité, améliorer le bien-être et contribuer à inscrire le ratio dette/PIB sur une trajectoire descendante, l'Étude propose un train de réformes ambitieux. D'après les simulations de l'OCDE, d'ici à 2030, le taux de croissance annuelle du PIB se hisserait de 0.6 %, à politiques inchangées, à plus de 1.5 % si ces réformes étaient mises en œuvre. Selon l'Étude, un renforcement de l'efficacité et de l'efficience de l'administration publique et du système judiciaire figure parmi les réformes proposées qui auraient le plus d'impact sur le PIB.

Le budget 2019 du gouvernement vise à juste titre, d'après l'Étude, à aider les plus démunis par le biais du nouveau revenu de citoyenneté (Reddito di Cittadinanza), mais il sera important de ne pas affaiblir les incitations au travail, afin d'éviter de créer des phénomènes de piège de la pauvreté. Le niveau élevé du revenu de citoyenneté, par rapport aux prestations comparables existant dans d'autres pays de l'OCDE, pourrait dissuader les personnes de chercher un emploi dans le secteur formel, en particulier dans les régions où les salaires sont plus bas. Pour remédier à ce problème, il est proposé dans l'Étude d'instaurer un système de prestations liées à l'exercice d'un emploi et de revoir à la baisse le revenu de citoyenneté.

L'Étude indique en outre que l'efficacité du revenu de citoyenneté dépendra de manière cruciale d'améliorations sensibles des dispositifs d'aide à la recherche d'emploi et de formation. Elle salue l'octroi de ressources supplémentaires aux services publics de l'emploi, mais souligne que toute amélioration passera par un programme précis de réorganisation de leur fonctionnement, reposant sur un recours accru aux technologies de l'information et à des outils de profilage.

L'Étude met également en garde les autorités contre le fait que la réduction de l'âge de la retraite – à 62 ans pour au moins 38 années de cotisation – même si elle n'est que temporaire, pourrait peser sur la croissance économique à moyen terme, en réduisant le taux d'activité des seniors, et aggraver les inégalités entre générations.

 Le taux d'emploi de l'Italie s'est hissé à 58 % de la population d'âge actif, mais il demeure un des plus bas de la zone OCDE, en particulier pour les femmes. Les différences marquées de taux d'emploi expliquent en grande partie les écarts de niveau de vie constatés entre régions. Par ailleurs, la qualité des emplois est relativement faible. Une part grandissante des nouveaux emplois est de nature temporaire, et le niveau d'inadéquation entre les compétences des individus et leur travail est élevé.

Les mesures de réforme adoptées ces dernières années, telles que l'accroissement de l'autonomie et des ressources des établissements scolaires (Buona Scuola), le plan Industrie 4.0 et la loi sur le marché du travail dite « Jobs Act », ont commencé à remédier à certains des problèmes du pays, et il importera de ne pas revenir sur ces avancées. Cela dit, il sera nécessaire de renforcer la croissance de la productivité en accentuant la concurrence sur les marchés qui sont toujours protégés, tels que celui des services publics locaux, d'améliorer l'efficience de l'administration et de réduire les obstacles à l'entrepreneuriat.

Lors de la présentation de l'Étude à Rome, le Secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurría, a déclaré : « L'économie italienne a de nombreux atouts. Les exportations, la consommation privée, les flux d'investissement et un secteur manufacturier dynamique ont alimenté la croissance au cours des dernières années, tandis que les réformes du marché du travail ont contribué à rehausser le taux d'emploi de 3 points de pourcentage depuis 2015. »

« Le pays demeure cependant confronté à d'importants problèmes économiques et sociaux », a-t-il ajouté. « Leur résolution passe par un train de réformes pluriannuel destiné à rendre la croissance plus forte, plus inclusive et durable, et à restaurer la confiance dans la capacité du pays de se réformer. »

Presentation of the Economic Survey of Italy 2019

Faute de politiques viables en matière de dépenses publiques et de fiscalité, les marges de manœuvre disponibles pour améliorer les infrastructures, aider les plus démunis et fournir à la population les services qu'elle attend vont inévitablement se réduire, selon l'Étude. L'élaboration de budgets conformes au Pacte de stabilité et de croissance de l'Union européenne (UE), qui devrait être appliqué de manière pragmatique, contribuerait à renforcer la crédibilité de la politique budgétaire de l'Italie et à réduire sa prime de risque souverain. Une diminution du rendement des obligations d'État contribuerait également à préserver la stabilité des banques. La santé du secteur bancaire s'est améliorée sensiblement, étant donné que les créances douteuses ou litigieuses des banques ont diminué et qu'un processus de rationalisation et de concentration du secteur est en cours.

Il faut améliorer l'efficience et le ciblage des dépenses publiques en concevant des procédures d'examen des dépenses et en les mettant en œuvre dans le cadre de l'élaboration du budget. Les autorités doivent rendre le système d'imposition plus juste en améliorant le respect spontané des obligations fiscales, en évitant les amnisties fiscales répétées et en luttant vigoureusement contre la fraude fiscale.

Dans la mesure où l'investissement public a diminué en proportion du PIB ces dernières années, l'Étude préconise une mise en œuvre plus rapide du nouveau code des marchés publics, qu'elle estime bien conçu. Une simplification des aspects les plus complexes de ce nouveau code ne devrait pas entraîner une réduction des prérogatives de l'Autorité nationale anticorruption (ANAC).

Pour contribuer à réduire les fortes disparités observées entre les régions italiennes, il faut améliorer la coordination entre les organismes centraux et locaux – dont il est nécessaire de renforcer les capacités – afin d'améliorer l'efficacité avec laquelle sont utilisés les financements du Fonds européen de développement régional et du Fonds de cohésion de l'UE.

Une synthèse intégrant les principales conclusions de l'Étude économique de l'Italie est librement consultable sur le site Internet de l'OCDE, à l'adresse suivante : www.oecd.org/economy/surveys/italy-economic-snapshot. Vous êtes invités à inclure ce lien hypertexte dans les articles consacrés à cette publication.

Pour obtenir de plus amples informations sur cette Étude économique, veuillez contacter la Division des médias de l'OCDE (+33 1 45 24 97 00).


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